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05 décembre 2006

Catherine Morland, Northanger Abbey -=- Jane Austen

Northanger_AbbeyC'est toujours un délice de lire Jane Austen. Non pas que ses romans stimulent tant l'intellect, mais ils sont très délassants. La prose satirique de Jane Austen, qui ici est encore plus acérée, dépeint la société du XVIIIe siècle avec brio.

Voici la quatrième de couverture:

Alors que vers la fin duXVIIIe siècle le roman noir semait ses naïves terreurs dans les foyers anglais, Jane Austen, née en 1775 et qui écrit depuis l'âge de douze ans, ne s'intéresse ni à l'histoire ni à la politique ni aux fantômes. Elle n'a de goût que pour la vie - la vie telle qu'un oeil acéré peut en surprendre les manèges dans un salon, voire une salle de bal où les jeunes gens dansent tandis que leurs parents évaluent rentes et dots. Comme on le voit dans ce roman - le troisième, écrit entre sa vingtième et sa vingt-troisième année, après Raisons et sentiments et Orgueil et préjugés - où une jeune provinciale de bonne fmaille est envoyée à Bath, prendre les eaux, pour faire son apprentissage du monde et des intermittences du coeur.

Dans ce chef-d'oeuvre, qu'elle a remanié en 1815, deux ans avant sa mort, Jane Austen, sans doute l'un des esprits les plus implacablement satiriques de toute la littérature, traite sa protagoniste non comme une créature de chair et d'os, à l'instar de tous les romanciers, mais bel et bien comme une héroïne de roman égarée au milieu de conjonctures qui, par rapport aux habitudes du genre, la rabaissent, à chaque instant, aux yeux du lecteur. Et c'est avec une allégresse féroce que Jane Austen nous la montre se comportant, à la moindre occasion, en référence à son livre de chevet, Les mystères d'Udolphe, de Mrs Radcliffe, publiés en 1794, juste avant qu'elle-même ne commence cette Catherine Morland (Northanger Abbey). Ainsi parodiait-elle le roman gothique et ses candides lecteurs, promis aux mêmes déboires que Don Quichotte intoxiqué par les ouvrages à la gloire de la chevalerie. Et ainsi, du même coup, annonçait-elle et énonçait-elle l'idée qui serait plus tard au coeur de la modernité, et selon laquelle la vie finit toujours par imiter l'art.

Hector Bianciotti


Je ne sais pas si j'ai particulièrement aimé que la narratrice (en l'occurence l'auteure elle-même) fasse des incursions directes aux lecteurs, ni que son héroïne soit nommée comme tel. Je reconnais par contre l'efficacité du procédé pour la critique sociale (et culturelle) de l'époque. La pauvre Catherine était bien attachante par sa naïveté extrême. Et je la préfère à Emma pour ça (moins fatigante). L'histoire a eu quelques rebondissements assez intéressants d'autres si faciles que c'était risible. En somme, mis à part la critique sociale, c'est une sympathique histoire d'amour (qui plaît à mon coeur romantique). 3.5/5

Lu en 2004

Posté par Charlie Bobine à 14:01 - Auteurs en A - Commentaires [0] - Permalien [#]

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