06 février 2010
Le Café de l'Excelsior -=- Philippe Claudel
Un autre titre (envoyé par Joelle: merci!) que je voulais lire depuis pas mal longtemps. Et, je ne sais pas si c'est parce que je l'ai lu trop vite (et qu'il fallait déguster?) mais ce ne fut pas le coup de coeur que j'attendais.
L'histoire est empreinte de nostalgie et d'une certaine tristesse. Elle m'a touchée, bien entendu et je n'ai pas été insensible au charme des mots de Claudel. Peut-être était-ce trop tôt (après La Place de Annie Ernaux) pour un portrait comme celui-ci (en l'occurence du grand-père du narrateur). Bien qu'ils ne sont pas comparables tous les deux, ça reste sur le même thème et j'avais tout simplement envie de lire autre chose.
Je m'attendais à du festif; des tasses, des verres qui s'entrechoquent dans la rumeur joyeuse des commérages de village du Café de l'Excelsior. Je l'ai plutôt refermé avec le coeur gros, triste à la fois pour le petit garçon et pour le grand-père et frustrée contre les fonctionnaires stupides qui ne comprennent rien au bon sens. 3/5
04 janvier 2010
Hunger games -=- Suzanne Collins
Quel roman! Wah! Pour ceux et celles qui n'ont jamais entendu parler de ce phénomène (sur la blogosphère), voici un peu l'histoire: Dans ce que nous apprenons être les ruines de l'Amérique du Nord, treize districts ont été créés par le Capitole pour contrôler le peuple (et les ressources). Après une rébellion des districts devant cette dictature du Capitole (si on peut dire), le 13e a été complètement anéanti et pour rappeler à tous cette période, un jeu télévisé a été créé pour alimenter la terreur.
Chaque année, douze garçons et douze filles sont tirés au sort (1 garçon et 1 fille par district) pour participer à cette téléréalité extrême que tous sont forcés de regarder en direct. Il n'y a qu'un seul gagnant à ces Hunger Games. Les autres mourront. Alors quand sa petite soeur de douze ans (l'âge minimal pour participer) est tirée au sort, Katniss prend sa place sans hésiter. À seize ans, Katniss a déjà été confrontée à la mort plusieurs fois et survivre est devenue sa façon de vivre. Ses talents de chasseuses lui seront utiles dans l'arène. Seront-ils suffisants? Sera-t-elle capable de tuer un être humain?
Ce roman est un véritable aimant, une fois commencé, impossible de s'arrêter de lire. Ça ne s'explique pas. Je suppose que tous les éléments sont présents pour nous retenir: action, romance, suspense, drame, alouette. J'ai connu la faim, la soif, l'épuisement physique, la douleur, la confusion sentimentale, les regrets, les remords, l'espoir, le désespoir, (...)
L'originalité du roman a été mis en cause, je pense, dans quelques commentaires. Il rappelle tel ou tel film, livre-machin. Peut-être. Probable. Peu importe! (Peu m'importe!) J'ai trouvé le rendu efficace et actuel, le ton incisif, prenant, ardent. Et l'écriture? Tout à fait correcte. Bien plus maîtrisée, à certains égards, que d'autres romans jeunesses forts populaires. Ou devrais-je dire avec moins de maladresses?
Bref, un coup de coeur pour moi. 5/5

28 octobre 2009
L'amour est à la lettre A -=- Paola Calvetti
Voilà un roman charmant qui relate la relation épistolaire qu'entretiennent d'anciens amoureux, qui se retrouvent 30 ans plus tard, par hasard. La narratrice, Emma, à l'aube de la cinquantaine décide de changer de vie et d'ouvrir une librairie de romans d'amour. Des romans d'amour pour soigner les blessures amoureuses ou pour chanter les amours éternels; car Emma s'est résignée au vrai et préfère le vivre dans les livres. Puis survient Federico, amour déchu du lycée, qui se retrouve dans sa librairie et y laisse entre les pages d'un roman, un petit post-it avec ses coordonnées écrites à l'encre verte. Ils se revoient et décident de s'écrire. Lui, devenu architecte, vit maintenant à New York. Il est marié, il a une fille. Elle, divorcée, a un fils. Dans quelle catégorie entrera cet amour? Les amours impossibles?
C'est un roman avec une trame assez convenue. Je suis bien d'accord. Néanmoins, personnellement je l'ai trouvé très parlante. (Faut-il avoir vécu une relation épistolaire pour l'apprécier? Peut-être.) Et puis, pour l'amoureuse des livres (et des romans d'amour!) que je suis, j'aimais beaucoup cette librairie (qu'on peut visiter sur http://www.librairierevesetsortileges.fr/site01/main.html) et la description de la relation qu'Emma entretient avec les livres (qui elle aussi me parle beaucoup). En gros, je me suis reconnue énormément dans ce personnage fictif. Et si j'avais eu plus de temps (il me fallait le rendre rapidement à la biblio), j'aurais noté plein de titres (suggérés par Emma) dans mon petit carnet LAL. Il y a sans doute plus à dire sur ce roman que j'aie terminé samedi, mais canalblog me boudait et me voilà un peu embêtée pour rapporter mes impressions (qui m'apparaissaient, à chaud, beaucoup plus enlevées!). C'est donc dire que ce fut une lecture très agréable mais que j'oublierai vite. 3.5/5
17 septembre 2009
Le meurtre de Roger Ackroyd -=- Agatha Christie
Il y a tout juste un an mourait le mari de Mrs Ferrars. D'une gastrite aiguë. Enfin, c'est ce qu'il semble. Les symptômes de l'empoisonnement par l'arsenic ne sont-ils pas les mêmes?
Hier, Mrs Ferrars est morte à son tour. Une trop forte dose de véronal. Suicide? Allons donc! Elle était encore jeune et très riche.
Et puis, aujourd hui, Mr. Ackroyd a été assassiné. Cette fois, le doute n'est pas permis. Mais pourquoi? Bien sûr, Mrs Ferrars et Mr. Ackroyd paraissaient fort bien s'entendre. Surtout depuis la mort du mari. Mais de là à dire... Non, ce n'est pas possible... L'incomparable Hercule Poirot entre alors en scène. (Résumé de l'éditeur)
Je sais, le résumé est ordinaire. Mais, c'est le genre de livre pour lequel on est mieux de prendre celui offert pour éviter de dévoiler ce qu'il ne faudrait pas dévoiler. (hem-hem)
Je suis encore sous le choc. J'ai été mystifiée. Bah, à quelques reprises (furtivement) j'ai bien sûr pensé «et si c'était ...?» mais je chassais l'idée, croyant de plus en plus que c'était (X). Pour me faire avoir. Yep. Comme une débutante.
Ah! J'aime. J'aime le suranné de Agatha Christie, sa mise en place, indice par indice, potin par potin(!) baignant dans l'atmosphère british typique (sandwich aux concombres*, thé et vieil oncle richissime entretenant sa jolie nièce, for sure). Voui, j'aime les romans à énigme. 4.5/5
*Ah, tiens, une suggestion pour passer ma récolte de concombres.

2/60
15 septembre 2009
God save la France -=- Stephen Clarke
Je préfèrais nettement le titre original: A year in ze merde. Ce sont les tribulations d'un jeune anglais (Paul West) de 27 ans, en France (ou plutôt à Paris, finalement) pour un contrat d'un an dans une compagnie alimentaire (la viande) qui voudrait bien élargir ses horizons. Pas facile de se faire comprendre. L'adaptation ne se fait pas sans heurts (ni sans merde sur les chaussures, parait-il).
C'est sympathique, sans plus. Je m'attendais à rire (à m'en péter la rate) et, certes, j'ai souri mais, au final, j'ai trouvé le propos assez redondant. Il y a des moments plus cocasses, bien sûr (comme les retranscriptions de conversation, entre autres). Un ensemble cohérent, qui mène quelque part, avec même une ouverture pour une suite. Ça se laisse lire, quoi. (Mais sera vite oublié aussi.) 3/5
1/60
15 février 2009
Dans les bois -=- Harlan Coben
Moi: - Pouvez-vous renouveler les autres volumes à la même date?
Commis: - Je vais vérifier. Je peux. À l'exception de «Dans les bois» qui est réservé.
Moi: - «Dans les bois», ah. Je pensais l'avoir remis, il y a plusieurs jours?! C'est bizarre. Je dois me tromper. Il n'est pas en retard?
Commis: - Non, il n'est pas en retard. La date de retour est le 15 février. Si vous ne le trouvez pas, il faudra attendre qu'il soit en retard et déposer une demande au...
C'est comme ça que j'ai cherché ce roman pour m'éviter une amende. Remerciements sincères à Saint-Antoine de Padoue, j'ai trouvé le roman hier, caché dans un sac écolo, dans l'espèce de faux garde-robe (qui se trouve à être la descente de cave). Je l'avais emprumté parce que ça me semblait du bon Coben. J'aime beaucoup Coben.
Je n'ai pas été déçue! D'entrée de jeu, l'histoire nous happe. Paul Copeland, procureur dans le comté d'Essex, est sur un des plus gros dossiers de sa carrière. Sinon, le plus gros: deux adolescents bien nantis sont accusés du viol d'une strip-teaseuse noire. Alors qu'il regarde sa fille de six ans exécuter des prouesses gymnastiques lors d'un petit spectacle scolaire, la veille de l'ouverture du procès, deux agents le somme de venir avec eux pour identifier un cadavre. Le cadavre avait sur lui, paraît-il, des objets identifiant hors de tout doute Paul Copeland. Le nom de Manolo Santiago ne lui dit rien. Mais peut-être le connaît-il de vue? Aussi se rend-t-il à la morgue. Non, décidément, ce Manolo Santiago lui est inconnu. Que faisait cet homme avec son numéro de téléphone dans ses poches? Il y a plus que ça. Parmi les effets personnels de l'inconnu se trouve plusieurs coupures de presse relatant le drame de l'été 1985 et... ce qui semble être une bague de fille. La bague de sa soeur qui a disparu cet été-là. Que lui est-il arrivée? Pourquoi n'a-t-on jamais retrouvé son corps et celui de Gil Perez? Ont-ils connu le même sort que les deux autres adolescents? Puis, le déclic se fait à son cerveau, il demande à voir si l'homme sur le chariot roulant porte une cicatrice sur un bras. Il en a une. Serait-ce Gil Perez? Dans ce cas, ce pourrait-il que sa soeur soit toujours vivante? Que s'est-il donc passé lors de cette funeste nuit?
C'est une intrigue un peu banale au début (une histoire de meurtres non-élucidés il y a 20 ans, dont 2 corps non pas été retrouvés, une des deux personnes refait surface... ça sent le réchauffé un peu), mais qui s'entremêle à ce procès pour viol et finalement, à tellement plus que cela. Il y en a un peu pour tous les goûts: énigmes, espionnage, drame, romance(!). J'en oublie sans doute. Ça foisonne, ça nous tient en haleine, même ce qui semble être des moments plus plats viennent en fait rajouter des informations qui font leur chemin et continuent d'attiser notre curiosité. Mais que s'est-il passé dans ces bois, bordel? À un moment, j'ai même soupçonné Paul (pour me rappeler que ce serait contraire aux règles des romans policiers, de nous donner comme meurtrier le personnage principal, non?). Bref, il y a plein de rebondissements, c'est bien ficellé, bien mené. Le style de Coben n'est pas exceptionnel (mais là, la traduction y est pour beaucoup, j'ai repéré plusieurs coquilles), mais il est plus que potable. Il est accessible, sans fioritures mais maîtrisé (ce qui est finalement le plus important). On voit l'expérience du bonhomme.
Moi, ch'u conquise, quoi! Je l'ai dévoré en quelques heures, à temps pour le rendre (si ça ne prouve pas les qualités littéraires, ça prouve au moins que c'est très divertissant!). 4.5/5

05 juillet 2008
Barbara Constantine -=- Allumer le chat
LE plaisir de découvrir dans mon colis swap un roman tant attendu! En soi, c'était déjà gagné. Je me suis plongée dedans avec le sourire, donc, et il ne m'a pas quitté. L'histoire est loufoque, à peine crédible par moment, émouvante par d'autres. Alors, je dirais haut-en-couleur. Ça lui va bien comme qualificatif, oui. :)
Comment résumer un tel roman? C'est dur, vraiment. D'abord, il y a toute une galerie de personnage relié ensemble. Chacun leur tour, ils racontent un bout de leur petite histoire personnelle, qui au final -vous me voyez venir?- rejoint le tout. Ça commence par Raymond, qui parce que le chat Bastos le regarde de haut, il voudrait bien l'allumer. Il nous parle de sa Mine, son amour. Qui elle enchaîne en lui suggérant que ce serait bien de s'occuper de Rémi, le petit-fils de Raymond qu'il se refuse à reconnaître parce qu'il ne parle plus à sa fille Josiane (en raison de son con de mari, Martial). Cette même Josiane qui découvre le pot-aux-roses justement à propos de Martial. (...)
C'est sympathique, très imagé, très vivant. Très accessible en somme par le niveau de langue qui colle bien à chaque personnage. Pourtant, rien d'extraordinaire dans cette histoire (malgré le degré de loufoquittude -pourquoi pas?-) mais elle nous happe gentiment. La critique principale étant qu'on a l'impression en refermant le roman qu'on s'est foutu de notre gueule et qu'on nous a refilé le brouillon. Que le vrai roman (4-5 fois plus gros) nous attend. On a sympathisé avec tout le monde, et puis, hop, c'est fini. Déjà? Vous comprenez ce que je veux dire?
Alors, pour cette impression trop brouillonne, il n'entre pas dans mes coups de coeur. Enfin, à chaud comme ça. (Mais dans mes «plus que bien», ce qui est tout de même pas loin!) 4.25/5
Merci Rennette!
13 juin 2008
État d'urgence -=- Michael Crichton
Mon premier Crichton. J'ai une impression assez mitigée au sortir de cette brique. D'abord lente à démarrer, on ne peut pas dire que l'intrigue devient palpitante, mais elle n'est pas si mal. Mais sur le dernier droit, j'ai été plutôt déçue. Quoi?! Alors, j'avais platement raison, il n'était pas (...) Nan. Je ne vous dévoilerai rien. Sachez seulement que le dénouement est assez ordinaire.
Par contre, j'ai aimé le sujet. Si on tombe souvent dans le technique, il y a tout de même beaucoup de vulgarisation. Je ne vois plus le réchauffement planétaire du même oeil, en tout cas. Quant à la désinformation, on est servi! Qui on va croire maintenant? Sans être passionnant, le rendu était intéressant. Voilà.
La midinette en moi vous fait dire que ça manquait cruellement de romance. :P
C'est tout de même en toute objectivité (hem-hem) que je lui accorde un 3/5.
04 mars 2008
Eleanor Rigby -=- Douglas Coupland
Mon premier Douglas Coupland. On a beau dire que le Canada anglais méconnaît la littérature québécoise, l'inverse est tout aussi vrai. (Même Goo*gle refusait de coopérer pour la couverture, je me suis rabattue sur l'originale.) J'ai bien aimé mon expérience. Ça n'a pas été un coup de coeur, mais j'ai beaucoup apprécié ma lecture.
C'est un roman qui se bonifie au fil des pages. L'histoire, quoi que triste, m'a touchée. Ça parle de la solitude d'une femme, Elizabeth Dunn, au physique banal, ingrat. Tout ne repose pas sur son physique, ça va de soi, mais en grande partie, oui. (Parce que de même que nous jugeons les autres selon les stéréotypes, nous sommes également impitoyables envers nous-mêmes.) Elle mène une vie inintéressante, sans espoir d'amélioration. Dans la crainte perpétuelle des soirées, des week-end, des vacances... de tous les moments qui lui souligneront sa solitude. Puis, alors qu'elle est en convalescence chez elle après l'extraction de ses dents de sagesse et qu'elle se fait un petit festival maison de films larmoyants, elle reçoit un appel de l'hôpital. Un jeune homme vient d'être admis et il porte un bracelet médical avec l'inscription: «En cas d'urgence, contactez Liz Dunn...».
Je ne peux pas en dire plus, ce serait un sacrilège. Mais c'est beau. Et bizarre aussi. Pour avoir déjà éprouvé la solitude (bah oui, faisons dans le web-clinique, tiens!), je me reconnaissais malgré les différences et j'en savourais la dérision. On ne rit pas à s'en tenir les côtes, mais on sourit souvent.
Ça ne laisse pas indifférent, voilà. 4.25/5
***
Chose certaine, je vais continuer mon incursion dans l'univers de Douglas Coupland. Enfin, du mieux que je pourrai sachant que cet auteur est un abonné-absent de la biblio. Et vous savez quoi? Le roman pue toujours. Misère! J'ose même pas imaginer l'odeur tenace qu'il doit y avoir chez cette personne. Eurk.
21 février 2008
Un cadavre dans la bibliothèque -=- Agatha Christie
C'est mon deuxième Agatha Christie, mais j'ai l'impression surréaliste d'en avoir lu plein! Sans doute suis-je intoxiquée par les adaptations britanniques que j'ai vues à plusieurs reprises (et que j'adore). Toujours est-il que j'ai eu un plaisir familier à me plonger dans une aventure de la charmante Miss Marple.
Je me rappelais vaguement l'intrigue, mais heureusement, pas assez pour gâcher mon plaisir et identifier le (ou les coupables) avant l'heure. Sans doute connaissez-vous un peu l'histoire? Le cadavre d'une jeune fille est découvert dans la bibliothèque du colonel Bantry. Pourtant, celui-ci ne connait nullement (à ce qu'il affirme) la jeune personne. Sa femme, émoustillée à l'idée de percer à jour ce mystère qui a eu pour théâtre sa maison, fait appel à son amie Miss Jane Marple. La vieille dame a déjà à son actif quelques résolutions et Mrs. Bantry étant son amie, elle ne peut laisser cette famille dans une position si délicate (pensez à ce que souffrira leur réputation). La police a tôt fait de découvrir que le cadavre est celui de Ruby Keene, une jeune danseuse de l'hôtel Majestic. Mais qui pouvait bien vouloir sa mort? Cela a-t-il un lien avec le souhait de Mr. Jefferson de l'adopter?
Comment ne pas aimer? C'est une écriture simple, fluide, bien menée et dans un décor british. Tout à fait mon genre de polar (voui, je suis plutôt du type whodunit). 4.25/5



